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Travailler plus, travailler moins ?Est-ce un esclavage, ou bien une libération ? Cette ambivalence du travail est troublante, mais insoluble et éternelle. Hésiode, la Bible nous rappellent que l’homme doit travailler, que c’est là son lot, sa condition et même, si l’on accepte le mythe dans son entier - que ce soit dans l’une ou l’autre de ses deux versions, antique ou chrétienne -, une punition. La condition ouvrière, particulièrement dure en Europe depuis la révolution industrielle jusqu’aux conquêtes sociales du milieu du XXe siècle, semblait un pénible écho de cette douleur du travail. Mais, parallèlement, l’émergence, à partir du Moyen-Age, d’une classe de bourgeois s’arrachant à leur déterminisme de roturiers par leur industrie, puis leur accession après 1789 à la plénitude des droits politiques, a manifesté que le travail était aussi une manière d’exorciser un sort néfaste, de changer sa vie pour le meilleur. De cette méritocratie laborieuse rédemptrice, le mythe américain moderne de la poursuite du bonheur par le salaryman, dont la contagion devait être virulente et contaminer l’essentiel de l’Occident puis des pays émergents, est la séquelle la plus récente et la plus spectaculaire. Aujourd’hui, ce sont ces deux visions qu’il faut réconcilier. Ce qui exige chez nous qu’un nouveau regard, plus bienveillant, soit jeté sur le travail comme valeur et instrument d’émancipation alors que, depuis cinquante ans, on insiste au contraire sur la dimension douloureuse du travail. |
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