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Parachutes dorés : Xavier Bertrand accentue la pression sur le Medef


Le Medef veut lier la rémunération des dirigeants à leurs performances et fera en septembre des propositions en ce sens. Il travaille sous la pression du ministre du Travail, Xavier Bertrand.


Jeudi dernier, lors de la convention sociale de l'UMP, il avait déjà appelé les organisations patronales à présenter sans trop tarder des « solutions » aux problèmes soulevés par les « parachutes dorés », ces indemnités de départ très élevées accordées aux dirigeants d'entreprise en contrepartie du risque encouru et de l'absence de garanties sociales liées à leur statut de mandataire. Hier, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a remis le couvert : faute de proposition patronale, le gouvernement apportera ses propres « solutions », a-t-il lancé sur Canal+, menaçant implicitement d'une légis- lation sur le sujet.

Sur fond de revendications récurrentes autour du pouvoir d'achat des Français, le gouvernement s'inquiète du mauvais effet suscité par quelques affaires récentes, en particulier celle du parachute de 6 millions d'euros que viennent d'accorder les actionnaires d'Alcatel Lucent à leur directrice générale, l'Américaine Patricia Russo, en dépit des contre-performances d'un groupe, dont le siège est en France, qui a perdu en 2007 la moitié de sa valeur en Bourse. « Il serait temps qu'il y ait des règles éthiques, des règles du jeu », a tonné Xavier Bertrand lors de la convention de l'UMP. « On nous dit notamment au niveau des organisations patronales qu'on va se pencher sur ce problème. Ça fait trois ans et demi qu'ils sont dessus. Alors soit maintenant ils trouvent la solution, soit on va aussi, nous, apporter nos solutions », a-t-il insisté hier.

Des objectifs de long terme

Laurence Parisot, présidente du Medef, et Bertrand Collomb, alors à la tête de l'Association française des entreprises privées (Afep), ont présenté en janvier 2007 un document commun d'une dizaine de pages appelant à tenir compte dans les rémunérations des dirigeants de « l'opinion en général ». Publié après la tempête créée par l'affaire Zaccharias, du nom de l'ancien PDG de Vinci démissionné pour avoir réclamé des primes exorbitantes, ce document recommandait des rémunérations « mesurées, équilibrées et équitables ». Cependant, il ne donnait aucune indication de la « mesure »souhaitée et il a été, pour cela, jugé généralement insuffisant.

Aujourd'hui, d'ailleurs, le comité d'éthique installé par le Medef fin mars, sous la présidence de Robert Leblanc, président de la Chambre syndicale des courtiers d'assurance, travaille à un nouveau document, dont la présentation est annoncée pour septembre. Il devrait aller plus loin que le précédent, en établissant un lien direct entre rémunération et performance. Cela pourrait, en partie, rejoindre le souhait du ministre du Travail, lequel est « intéressé » par les propositions, en la matière, de l'Institut Montaigne.

Le « think tank » dirigé par Philippe Manière préconise une rémunération des mandataires assise sur des objectifs de long terme et des indicateurs précis de performance. C'était, d'ailleurs, une nouveauté instituée par la « loi Tepa » d'août 2007, mais que la plupart des grandes entreprises ont allègrement contournée.



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