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Moderniser le secteur public, c'est possible !Au cours des dernières années, les entreprises privées ont déployé en France comme ailleurs des trésors d'ingéniosité pour s'adapter et faire face aux défis liés de l'internationalisation des échanges et de l'intensification de la concurrence qui les avaient mises dans une impasse financière. Ces changements se sont clairement opérés sous contrainte _ et pourtant, très souvent, ils se sont avérés, a posteriori et au-delà de leur nécessité économique, extrêmement bienfaisants. La pérennité des entreprises était à ce prix, mais cette remise en cause a obligé chacune d'entre elles à mieux définir leur projet et à adopter des méthodes de travail accordant une place centrale à la créativité, à la réactivité, à l'engagement récompensé, au souci du client. Pour le plus grand bien de leur développement à long terme mais aussi à la satisfaction de leurs salariés mieux à même d'adhérer aux valeurs de leur entreprise et d'être fiers de ses performances. A l'heure où la sphère publique traverse à son tour des difficultés sévères qui tiennent à la fois à la crise financière et à la crise d'identité, il serait de bonne politique de s'autoriser de l'expérience accumulée par les organisations privées ayant été confrontées à des turbulences analogues. Et pourtant, c'est une démarche qu'on ne fait pas volontiers : la France croule sous les rapports décrivant la réforme de l'Etat telle qu'elle a été conduite dans d'autre pays... mais personne ne se hasarde à invoquer ces cas d'école que constituent les redressements réussis de grandes entreprises en difficulté. Le groupe de travail « Modernisation de l'Etat » de l'Institut Montaigne, qui publie cette semaine son rapport final (www.institutmontaigne.org), a quant à lui délibérément choisi de se focaliser sur cet axe. Une idée a constitué le fil rouge de ses réflexions : dans le public comme dans le privé, le changement est d'abord et avant tout conduit par les femmes et les hommes de l'entité en cause. Or les membres de notre groupe de travail partagent la conviction que, fonctionnaires ou salariés du privé, les femmes et hommes ont partout la même légitime aspiration à s'accomplir dans leur travail et la même capacité au sursaut pourvu qu'on leur propose un projet clair, sérieux, pérenne et prometteur. Dès lors, non seulement le changement est à leur portée à tous, mais il correspond pour les uns comme pour les autres à un besoin fondamental. C'est sur cet appétit que, dans le public comme dans le privé, il faut capitaliser pour réussir la modernisation. Puisque ce sont les hommes et les femmes qui peuvent seuls assurer la réussite d'un projet collectif dont, par ailleurs, ils seront les premiers bénéficiaires, alors il faut dessiner avec eux, et non contre eux, des objectifs, des méthodes et des comportements nouveaux permettant à leur mission de retrouver tout son sens. Des objectifs : cela devrait aller de soi. Et pourtant, l'une des souffrances de ceux qui servent l'Etat est que, le plus souvent, nulle stratégie ne leur est proposée ni pour la puissance publique en général, ni pour leur administration en particulier _ parfois même ils perçoivent que l'objectif est une extinction progressive de l'Etat. C'est, naturellement, par là qu'il faut commencer : bâtir, sur les attentes de l'opinion, une vision valide au-delà des alternances politiques, la porter à tous les niveaux y compris au plus haut et dire que, précisément parce qu'elle est dans une situation difficile, la France a besoin de ses fonctionnaires et de ses services publics, et qu'elle compte sur eux. Des méthodes : dans ce cadre stratégique redéfini, elles serviront les objectifs fixés en recherchant l'efficacité maximum. Pour le coup, l'expérience du privé est très riche d'enseignements. De la mise en place d'indicateurs de performance affichés et assumés à la création d'une vraie direction des ressources humaines dans chaque « unité de production administrative » en passant par l'instauration de véritables entretiens annuels individuels fixant des objectifs à atteindre avec, à la clé, au moins pour certains, un système de rémunération partiellement fonction des résultats, nos propositions s'inspirent largement de ce qui marche dans l'entreprise et dont la mise ne place exige toujours la réunion de trois atouts : une vision, un leader, un groupe projet. Des comportements : ils en découleront naturellement. Ils doivent être marqués par la transparence, la fidélité à la parole donnée, la valorisation de la mobilité et de la créativité et la reconnaissance des talents. A cette fin, l'échange d'expériences entre administrations mais aussi avec le public est crucial. Il pourrait passer par des opérations « portes ouvertes », par des forums primant les meilleures initiatives ou encore par une campagne de communication mettant en valeur les succès les plus méritoires et les plus spectaculaires. Sur la base de ces principes, nous avons la conviction qu'il est parfaitement possible de restaurer une pleine motivation chez ceux qui servent l'Etat. Et de moderniser une sphère publique qui souffre aujourd'hui plus qu'on le dit d'être, tout simplement, passée à côté de la révolution du management. Mais cela nécessitera du temps et de la constance dans l'effort. Télécharger Télécharger cette publication (PDF, 539 Ko) Télécharger les propositions opérationnelles (PDF, 56 Ko) Télécharger le bon de commande (PDF, 453 Ko)Ecouter |
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