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Management public et tolérance zéroAlors que la lutte contre l'insécurité se dessine plus que jamais comme un enjeu majeur des prochaines échéances électorales, les diverses formations politiques, à la lumière des dramatiques événements sur venus récemment, surenchérissent sur le renforcement des moyens humains et budgétaires. Une bonne gestion, dans le secteur privé comme dans le secteur public, consiste à mobiliser au mieux les ressources allouées et à mesurer l'efficacité des actions conduites pour atteindre un objectif fixé. Ce postulat est d'autant plus avéré pour l'administration, que sa mission, dite de « service public », induit des actions qui intéressent tous les citoyens, à partir de ressources basées sur leurs impôts. L'objectif doit donc être clair pour être à la fois compris des fonctionnaires chargés de le réaliser et apprécié sans ambiguïté des citoyens qui, en démocratie, sont périodiquement appelés à choisir leurs gouvernants. Contrairement aux idées reçues, la France, depuis 1997, a donné une véritable priorité budgétaire aux forces de l'ordre sur la plupart des autres actions de l'Etat (hormis l'Education nationale). On aurait pu penser qu'en s'appuyant sur cet accroissement des moyens et sur l'expérience de pays comparables, notre pays enregistrerait des succès dans la lutte contre l'insécurité. Or, c'est le contraire qui a été constaté : l'insécurité a connu une aggravation constante, qui s'est brutalement accélérée depuis quelques mois pour atteindre désormais une augmentation de près de 10 % en moyenne annuelle. La raison de cet étonnant paradoxe est que la France, malgré quelques déclarations d'intention, n'a jamais mis en place une politique de tolérance zéro. Cette réticence à appliquer des recettes qui ont pourtant démontré leur efficacité tient dans plusieurs causes : une dépénalisation rampante des délits qui développe un sentiment d'impunité des délinquants ; un mutisme idéologique à accepter la sanction comme pierre angulaire d'une politique publique.; mais surtout un grave défaut de management qui a empêché les gestionnaires publics de donner la priorité à l'efficacité des services. Une étude de l'Institut Montaigne met en évidence la plupart de ces dysfonctionnements : absence d'objectifs précis, mauvaise articulation entre la police et la justice, défaillance de la gestion des ressources humaines, etc. Du fait de ces carences du management public, les forces de l'ordre restent mal réparties sur le territoire et entre leurs différentes missions, n'ont toujours pas de priorités claires et ne font pas l'objet d'un contrôle de gestion suffisant. Sait-on par exemple que la France compte en moyenne (gendarmes compris) 1 policier pour 265 habitants, soit nettement plus que la Grande-Bretagne (1 pour 380) et que l'Allemagne (1 pour 296) ? Effort ruiné lorsqu'on compare leur affectation géographique : 1 policier pour 119 habitants à Paris, 1 pour 510 en grande couronne ! La réforme de la police dite « de proximités», engagée en lieu et place de la tolérance zéro, a certes accru la visibilité des forces de police, du moins pendant la journée, mais n'a pas su améliorer leur efficacité ni résoudre ses propres contradictions. Les auteurs du rapport préconisent donc de redéfinir les missions des forces de l'ordre autour du concept de tolérance zéro et détaillent une série de mesures opératoires à même d'optimiser l'utilisation des ressources. Cette réflexion, que l'Institut Montaigne entend poursuivre sur d'autres sujets, s'inscrit autour d'une problématique plus large qui vise à substituer à une logique de dépenses une logique de résultats, afin de rendre l'administration plus attentive à l'efficacité de son action. Souhaitons que ces principes de bonne gestion l'emportent sur les approches démagogiques et trompeuses. Télécharger |
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