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>> L'Institut Montaigne écrit dans la presse


Vers une discrimination positive ?


Nous sommes parvenus au constat que la société française, pour des raisons historiques et sociales, ne se reconnaît pas telle qu'elle est: une société multiraciale. Le discours officiel de l'égalité de tous devant la loi ne masque plus les discriminations, notamment raciales, d'une ampleur insoupçonnée. Le malaise qui en résulte n'a jamais été aussi profond. Il se traduit par un recul dangereux de la confiance dans les valeurs de la République. Qui sont les oubliés de l'égalité des chances ? Au plan social, il y a les «déclassés»: les laissés pour compte de la croissance, de souche ouvrière ancienne, qui représentent 20% des actifs en âge de travailler. Mais il y a aussi les «minorités visibles », qui cumulent tous les handicaps : celui du faciès, du patronyme, du lieu de résidence, de l'accès à l'éducation, à l'emploi et à un logement digne.
Ne pas avoir reconnu à temps ces discriminations a permis le développement des ghettos, de l'enfermement et des rancœurs. C'est une vraie fracture. Le communautarisme, et le réflexe identitaire qui en découle, est une plaie profonde. On ne va pas s'en défaire avec une loi sur le voile qui stigmatisera les oppositions. Nous sommes à un tournant.
A situation exceptionnelle, réponses exceptionnelles. Le volontariste pour l'égalité des chances doit s'incarner dans des politiques publiques. Il doit conduire à éliminer les ghettos, mettre un terme à la ségrégation à l'école, lancer un grand pacte pour la formation et l'emploi des jeunes. Cela nécessite des moyens sans commune mesure avec ce qui a déjà été fait. L'Etat doit donner l'exemple. La nomination d'Aïssa Dermouche comme préfet est très positive par la qualité de la personne. Mais elle souligne que l'Administration n'a pas dans ses rangs d'individus issus de minorités visibles, méritants, diplômés et capables d'intégrer la haute fonction publique. C'est symptomatique. Il faut concevoir un dispositif juridique qui élimine les possibilités de discrimination à compétences et talents égaux.
On ne peut exiger des entreprises le même niveau de responsabilité que celui de l'Etat. Nous préconisons, pour elles, l'instauration d'une «charte de la diversité», dotée d'un label, qui formaliserait l'engagement spontané des entreprises à refléter la diversité culturelle et ethnique de la société française pour le recrutement, la formation et la promotion interne. Les entreprises y gagneront en efficacité et en image. Avec ce brassage, elles sortiront des sentiers battus et recruteront de nouveaux talents et de nouveaux leaders. Dès qu'une entreprise adoptera la charte, les autres suivront.
Pour la formation et l'emploi des jeunes, L'Institut Montaigne lance l'idée d'un plan d'orientation et de formation aux «20 métiers de demain», dont les besoins seront : en croissance dans les dix années à venir. * Accessible dès la 4e, initiée en priorité dans les Zones urbaines sensibles et les Zones d'éducation prioritaires, cette formation diplômante, avec des accords avec les branches professionnelles, présenterait une quasi-assurance de déboucher sur un emploi. Même si certaines de ces propositions ont vocation davantage à créer un électrochoc, les Pouvoirs publics vont pousser certaines de ces idées. J'en suis certain

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