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>> L'Institut Montaigne écrit dans la presse


Grandes écoles et diversité


Dès lors qu'elles trustent les postes, n'y a-t-il pas quelque logique à se concentrer sur les grandes écoles pour amorcer la démocratisation des élites ?


Quand on ouvre une brèche, il est normal que l'on essuie les plâtres. En osant formuler, dans un rapport publié en janvier, des recommandations visant à ce que le recrutement dans les grandes écoles fasse une part plus grande à la diversité de la société française, l'Institut Montaigne s'attendait à être critiqué : on ne peut pas faire l'unanimité quand on remet en question un siècle de pratiques élitistes «républicaines» bien intentionnées et fondées sur l'idée confortable (hélas, aujourd'hui démentie par la statistique) d'une méritocratie transcendant les différences sociales. Pourtant, ni les grandes écoles elles-mêmes ni leurs anciens élèves ne nous ont cherché la moindre querelle. Largement médiatisé, le dispositif que nous décrivons, qui vise à combiner élargissement des procédures de recrutement et maintien d'une sélection méritocratique, intrigue, intéresse - mais n'est nullement rejeté par ceux-là mêmes qui sont les premiers concernés. Preuve, sans doute, que nous cristallisons une réflexion qui était déjà dans les têtes. Les grandes écoles sont mûres pour des changements.


Les quelques critiques que nous avons reçues, et jusque dans ces colonnes, viennent... d'universitaires nous reprochant de n'avoir travaillé, dans notre rapport, que sur les grandes écoles, et de ne pas parler des universités, succombant à une forme d'élitisme. Nous pourrions ironiser et répliquer que ce rapport ne parle pas plus des encombrements aux heures de pointe. Nous pourrions souligner que l'Institut Montaigne a déjà beaucoup écrit sur les universités. Mais mieux vaut répondre au fond : oui, les diplômés de l'Université sont insuffisamment présents dans la direction des entreprises et dans la haute administration. Oui, cela doit changer. Mais est-il choquant qu'on s'efforce de rendre le recrutement dans les grandes écoles plus démocratique, sans attendre que les formations universitaires de qualité soient regardées par les employeurs avec autant d'intérêt que les diplômes des grandes écoles ?


Aujourd'hui, ni les universités ni les grandes écoles ne garantissent l'accès aux élites dirigeantes à ceux qui, quoique compétents et méritants, ne sont pas sortis de la cuisse de Jupiter. Cela suppose que les unes et les autres se réforment. Dès lors que les grandes écoles trustent les postes visibles - ce qu'on peut déplorer par ailleurs - n'y a-t-il pas quelque logique à se concentrer sur elles pour amorcer la démocratisation des élites ?

 



Dès lors qu'elles trustent les postes, n'y a-t-il pas quelque logique à se concentrer sur les grandes écoles pour amorcer la démocratisation des élites ?


Quand on ouvre une brèche, il est normal que l'on essuie les plâtr

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