L’Institut Montaigne est un think tank indépendant. Sa vocation est d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques.



 Et la confiance bordel ?  



« Il existe un paradoxe français : celui d’un bonheur privé et d’un malheur public […]
Les Français se déclarent régulièrement plus pessimistes sur leur destin collectif
et leur goût de vivre ensemble que les citoyens des autres pays développés.
Comment expliquer un tel pessimisme dans un pays au niveau de vie
parmi les plus élevés au monde ? »
Yann Algan, Pierre Cahuc, André Zylberberg, Et la confiance, Bordel ?

Les Français ont toutes les raisons
d’avoir confiance, et pourtant…

Sixième puissance économique mondiale, la France possède des champions dans plusieurs secteurs, a des écosystèmes performants dans des domaines clés tels que les transports, la santé ou encore l’énergie, notre système éducatif compte des formations de qualité reconnues internationalement et notre système social est considéré comme l’un des plus protecteurs au monde.

La France se situe au 20e rang de l’index de confiance sur un total de 27 pays recensés
Edelman Trust Barometer, 2015


Et pourtant… les Français n’ont pas confiance en eux-mêmes, ils se défient souvent des autres, mais aussi de leurs institutions, du Parlement, des syndicats, ou encore des entreprises. Ce manque de confiance a un coût économique et humain considérable. 

La confiance, un enjeu crucial
pour les entreprises

Seuls 30 % des Français déclarent faire confiance
à l’entreprise
Edelman Trust Barometer, 2015

Stress, absentéisme, burn-out, désengagement des cadres : que s’est-il passé dans les entreprises depuis 30 ans ? Comment un tel déficit de confiance est-il parvenu à s’enraciner aussi profondément ? L’enjeu est crucial : outre le fait qu’elle soit nocive pour le bien-être de chacun, la défiance nuit dramatiquement à notre efficacité et à notre compétitivité.


C’est à partir de ce constat que l’Institut Montaigne et le collectif Financi’elles ont publié Et la confiance, Bordel ? en août 2014 en mobilisant une trentaine d'auteurs - sociologues, économistes, psychiatres, dirigeants d'entreprise, DRH, consultants en organisation, avocats, syndicalistes - autour de cette thématique cruciale. De ces réflexions croisées émerge la nécessité de repenser notre rapport au travail de manière à garantir efficacité et compétitivité pour les entreprises.

Comment mesurer
la confiance en entreprise ?

Dans le prolongement de cet ouvrage, l’Institut Montaigne et le programme Confiance & Croissance, fondé par Sophie Vernay et parrainé par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, fondateurs de RAISE, publient les résultats d’une enquête nationale sur les leviers de la confiance des cadres en entreprise. Menée en juillet 2015 par TNS Sofres auprès de 1 021 cadres d’entreprises publiques et privées, cette enquête a permis de créer un indicateur inédit : l’Indice national du capital Confiance en entreprise.

Près de 40 % des cadres
risquent de basculer
dans la défiance
Indice national du capital
Confiance en entreprise




S’il existe aujourd’hui des enquêtes qui mesurent l’engagement des salariés, il n’existe pas de mesure des actifs immatériels qui composent le capital Confiance de l’entreprise. L’objectif de cet indice, produit grâce au travail de deux chercheurs reconnus, Yann Algan, Doyen de l'Ecole d'Affaires Publiques de Sciences Po et Maria-Giuseppina Bruna, sociologue des organisations et chercheure en sciences de gestion, est d’identifier grâce à un indicateur synthétique les éléments constitutifs de la confiance en entreprise.


Pour un nouveau modèle managérial
basé sur la confiance

Ni la taille de l’entreprise, ni son secteur d’activité ne sont vraiment déterminants dans la confiance des cadres vis-à-vis de leurs entreprises. L’enquête montre que la confiance des cadres au travail est principalement le fait de deux facteurs :

• les dispositifs d’engagement et d’ouverture : les politiques de RSE, l’échange avec les dirigeants, la circulation libre et transparente de l’information, les réseaux et la facilitation des liens horizontaux jouent ici un rôle charnière ;

• un management responsable : plus coopératif que hiérarchique, ce mode de management doit impliquer une prise de décision autonome et un fort esprit d’équipe. L’équité des politiques de rémunération, le traitement juste et équitable et la considération des salariés sont également déterminants dans l’indice de la confiance.


L’entreprise se prive de près
de la moitié de son capital humain

L’étude révèle l’existence de fractures au sein de l’entreprise avec trois groupes distincts de salariés.

L’entreprise se prive de près de 53% de son capital confiance. Ainsi, l’enjeu pour les dirigeants d’entreprise est d’emporter l’adhésion des 39% des salariés attentistes et peu concernés par le changement de l’entreprise.

La charte de la confiance

Alors que les entreprises françaises bénéficient d’un faible niveau de confiance auprès de l’opinion publique, la publication de ces travaux de recherche et la signature d’une Charte « Confiance & Croissance » s’accompagnent d’une démarche de mobilisation des dirigeants d’entreprise afin de créer un dialogue et d’encourager la recherche sur les fondements d’un nouveau modèle managérial français centré sur la confiance.
En signant cette charte, les entreprises marquent leur adhésion à une vision plaçant la confiance des collaborateurs au cœur des enjeux de performance économique et sociale de l’entreprise.




 
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