L’Institut Montaigne est un think tank indépendant. Sa vocation est d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques.

Environnement et croissance :
just married?

LUNDI 6 FéVRIER 2017

Lundi 6 Février 2017

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L'Institut Montaigne recevait Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique pour la COP21 et la COP22, Yannick Jadot, député européen, candidat d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielleJean-Louis Chaussade, directeur général de SUEZ et Jean-Dominique Senard, vice-président de l'Institut Montaigne et président de Michelin, et co-présidents de notre groupe de travail sur l'économie circulaire.

Les échanges étaient animés par Hedwige Chevrillon, rédacteur en chef du Grand Journal de BFM Business et éditorialiste BFMTV.




Comment accélérer le développement de l'économie circulaire ?
Quelle place lui faire dans la campagne présidentielle ?
Les réponses du débat en cinq points.


1 - L’économie circulaire permet de répondre à l’épuisement des ressources.


Notre modèle de croissance économique doit désormais répondre à un triple défi :
- le changement climatique, qui impose la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
- l’épuisement des ressources, qui nous force à optimiser leurs utilisations dans nos modes de production ;
- l’explosion démographique, qui nous oblige à satisfaire des besoins de plus en plus importants.

Il est pour cela nécessaire de découpler la croissance économique de notre consommation de matières et de nos émissions de GES. Cette transition est déjà amorcée, mais il faut poursuivre les efforts dans ce sens.


2 - L'innovation est décisive pour le développement de l'économie circulaire. 


C’est elle qui permet d’inventer de nouvelles façons de produire, de consommer, d’échanger, de réutiliser, de recycler. L’impression 3D est à ce titre particulièrement pertinente : elle permet ainsi d’optimiser la consommation de matière, de relocaliser la production et donc de limiter le transport des marchandises, ou encore de mieux réparer en fabriquant sur mesure.

Et cette innovation n’est pas que technologique : elle est aussi organisationnelle, politique et sociale. Elle suppose que notre cadre réglementaire s’adapte pour accompagner et encourager cette dynamique.


3 - L'économie circulaire incite les parties prenantes à mieux collaborer. 


Dans une économie circulaire, les déchets des uns constituent des ressources pour les autres. Il s’agit donc de repenser les synergies possibles sur les territoires afin d’inventer de nouveaux leviers de croissance. La coopération entre les acteurs privés et les acteurs publics est à cet égard fondamentale : sur la base de contrats conclus à l’échelle locale, les intérêts peuvent converger vers un même objectif de réduction des externalités négatives.


4 - La mesure permet de fixer des objectifs et de progresser. 


La mesure des externalités - négatives comme positives - répond à un double enjeu : elle tranche la question de la responsabilité des acteurs, d’une part ; elle incite à la prise d’initiative, d’autre part. Les pouvoirs publics peuvent ainsi se fixer des objectifs ambitieux en termes de performance environnementale, à l’instar des entreprises. Ainsi de San Francisco, qui a lancé son plan “zéro déchets”, ou des contrats de transition énergétique pour des territoires à énergie positive en France.


5 - L'économie circulaire constitue l'opportunité de repenser notre modèle de croissance. 


L’économie circulaire associe les notions de durabilité et de croissance. Elle participe de l’évolution de notre perception de l’économie et de notre imaginaire collectif : les citoyens considèrent l’entreprise comme un agent impliqué dans l’intérêt général ; les entreprises mettent en avant leurs innovations plutôt que leurs préoccupations ; les dirigeants politiques proposent une nouvelle vision du développement, qui réconcilie croissance et environnement.


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