Il existe une autre solution, qui permettrait à la fois de garantir la pérennité de notre système de retraites par répartition, de rendre ce système plus compréhensible et plus équitable et, en plus, de laisser à nos concitoyens le choix de l’âge auquel ils souhaitent partir à la retraite. Après tout, qui pourrait être mieux placé que la personne concernée pour dire quel est le bon moment pour cesser son activité professionnelle ?
L’Institut Montaigne propose de mettre en place un régime national de retraite par répartition "unique, à la carte avec neutralité actuarielle, et à cotisations définies". Qu’est-ce que cela veut dire ?
- Un régime national unique fonctionnant par points
Le système français comporte actuellement une quarantaine de régimes de retraite : une vingtaine de régimes "de base", et autant de complémentaires. Au nom de l’égalité de tous et de la clarté du système, nous proposons de fusionner tous les régimes de retraites par répartition au sein d’un régime national unique fonctionnant par points. En effet, la retraite par répartition n’a pas vocation à être organisée de façon catégorielle. Il n’existe aucune raison valable pour qu’un fonctionnaire ou un cheminot soit favorisé par rapport à un salarié du privé, un exploitant agricole ou un commerçant.
- Un système à cotisations définies
Afin d’éviter un accroissement du déficit du système de retraites par répartition, celui-ci doit fonctionner "à cotisations définies", c’est-à-dire distribuer des pensions aux retraités qui proviennent d’un fonds alimenté par les cotisations prélevées sur les actifs d’aujourd’hui, à un taux raisonnable.
Passer d’un système "à prestations définies" à un système "à cotisations définies", permet également de ne pas "sacrifier" les générations futures. Il s’agit là d’une démarche politique courageuse, puisqu’elle consiste à protéger les intérêts de personnes trop jeunes pour être des électeurs, ou qui ne sont pas encore nées.
- Une retraite à la carte avec neutralité actuarielle
En instaurant une retraite "à la carte avec neutralité actuarielle", on permet au salarié de choisir l’âge auquel il souhaite prendre sa retraite, sans que cela ne nuise ni à ses concitoyens, ni au système de retraite dans son ensemble. Pour schématiser, plus une personne partira tard, plus elle aura cotisé pour sa retraite, et donc plus sa pension sera importante.
L’Institut Montaigne propose également de mettre en place une pension minimale garantie (inspirée du modèle suédois et du RSA français) pour les personnes à faibles niveaux de retraite.
N’est-il pas temps de traiter les Français comme des adultes responsables et libres, capables de prendre leur destin en mains, comme cela est le cas chez nos voisins européens ?
En savoir plus :
- Réformer les retraites : pourquoi et comment, Institut Montaigne, juin 2010.
- Réforme des retraites : vers un big-bang ?, Institut Montaigne, mai 2009.
(1) "Malgré les critiques, Berlin défend la retraite à 67 ans", Karl de Meyer, Les Echos, 18 novembre 2010.








Opinions
1. Le mercredi 12 janvier 2011 à 19:33, par Sophie 1958
2. Le dimanche 16 janvier 2011 à 00:18, par Sylvain JUTTEAU
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