Michel Godet fait remarquer que l’arrivée de chaque nouvel enfant fait baisser le niveau de vie des ménages de 10 % en moyenne, quelle que soit la catégorie sociale considérée. Comme il l’explique, "les allocations ou les réductions d’impôt (...) ne compensent que partiellement les coûts de l’enfant (ce que chaque catégorie devrait recevoir de la collectivité pour ne pas voir son niveau de vie relatif baisser)". C’est, en outre, "au deuxième enfant que l’on renonce le plus souvent, pour des raisons économiques."

Pour éviter "les effets pervers du tout ciblage", l’auteur préconise d'"augmenter les allocations familiales et (de) les verser dès le premier enfant".

Il rappelle également qu’un "impôt juste et efficace doit être universel et proportionné aux revenus et aux capacités contributives des ménages suivant la taille des familles, voire modérément progressif". Afin de rétablir une forme d’équité, il propose "une familiarisation de la CSG (...) en rendant de fait la CSG progressive par rapport aux revenus". Sans cela, "les familles avec enfants (celles de référence ouvrière représentent 40% des familles nombreuses) continueront à être fiscalement pénalisées par rapport aux ménages sans enfant."

Des propositions avisées, qui, nous l’espérons, ne laisseront pas les politiques et les pouvoirs publics indifférents...

- Lire la tribune de Michel Godet : "Une politique familiale menacée", Libération, 23 décembre 2010.