Mais quand il s’agit d’une faible partie d’entreprise –quelques pour cent du capital – le prix de l’échange peut être très éloigné de la valeur réelle de l’entreprise. La preuve ? Une acquisition d’entreprise cotée se fait pratiquement toujours à un prix très éloigné de la valeur de bourse : des écarts de 20, 30, 40, 50 % sont habituels. D’ailleurs ne parle-t-on pas de « prime de majorité », de « prime de contrôle » ? Et quand on évalue la valeur que l’on est prêt à payer pour acheter un concurrent, le cours de bourse est un critère très secondaire.

Comment comprendre alors que les ayatollahs de la comptabilité considèrent que pour une action que l'on détient, on doit porter à son actif la valeur donnée par la bourse, ce qui se justifie seulement dans le cas où l'on doit la vendre en bourse dans un délai très bref ?

Car la valeur boursière est très volatile. Tous les jours, une batterie d’informations vient en changer l’appréciation : indice de confiance des consommateurs du Michigan, faiblesse de la bourse de Tokyo… et je ne sais encore quelle baliverne qui n’a rien à voir avec le métier de l’entreprise qui nous intéresse. Agressée par ces informations, la bourse s’affole et change d’avis à une vitesse stupéfiante. Les investisseurs paniquent ou s’enthousiasment et le cours de l’action fluctue alors que l’activité actuelle ou raisonnablement prévisible de l’entreprise n’est en rien concernée.

La bourse est –croient certains- le thermomètre de l’activité économique. Mais c’est un thermomètre qui panique ou réconforte le malade. C’est un thermomètre dangereux parce que c’est souvent lui qui donne la fièvre.