Alors oui, les deux systèmes sont radicalement différents. Entre une sécurité sociale universelle, financée par des cotisations obligatoires et comprenant un régime général d’assurance maladie et un système américain s’appuyant principalement sur l’assurance privée, on peut, au premier abord, trouver notre modèle particulièrement avantageux
Sauf que la réalité n’est pas si merveilleuse. Notre système va mal. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté des choses puisque l’on compte déjà 21 réformes !
La tâche est difficile car les Français sont fort logiquement attachés à cette protection sociale. Il faut donc trouver les moyens pour changer sans pour autant … changer ! Je sais, c’est étrange mais c’est ainsi ! Pour être plus clair, il faut garder les fondations, pointer les failles, établir un diagnostic pour trouver des solutions. Bref, il est nécessaire de trouver les bons moyens pour encadrer les pratiques des acteurs de la santé.
A l’Institut Montaigne, nous sommes allés regarder ailleurs pour voir ce qui marche en la matière. Et de l’autre côté de l’Atlantique, nous avons trouvé que l’exemple des Vets ressemblait fort, dans son architecture, à notre système de soins. Dans les deux cas, il s’agit d’un système public, centralisé et quinquagénaire.
Alors regardons d’un peu plus près pour voir si nous pourrions nous en inspirer. Qu’est-ce que les Vets au juste ? Il s’agit du Veterans Health Administration (VHA) autrement dit le système de soins des anciens combattants américains. A l’agonie dans les années 90, le VHA a su se métamorphoser au point de devenir un modèle.
Ils ont donc su changer sans pour autant … changer.
La réussite est d’autant plus méritante que la VHA est un système bien particulier aux Etats-Unis puisque placé sous la tutelle de l’Etat, financé par un budget annuel voté par le Congrès et dont les professionnels sont tous des salariés.
Pour accéder à cette métamorphose, ils ont eu le courage de mettre en place un certain nombre de priorités. Tout d’abord, ils ont cherché à avoir une vision claire sur le fond et sur la forme afin de mener la réforme. Ils ont injecté une dose de décentralisation. Ensuite, ils ont allégé certaines activités de l’hôpital en les transférant à la médecine de ville afin de miser surtout sur la prévention. Enfin et surtout, et s’il ne fallait retenir qu’une priorité, il faudrait mettre en avant l’idée du dossier médical électronique qui permet une évidente meilleure coordination et par ricochet une plus grande qualité des soins. Dans ce cadre, l’Institut Montaigne propose d’organiser une mission d’études auprès de la Veterans’ Administration sur cette thématique.
Aujourd’hui, le résultat est là : les vétérans américains sont mieux soignés que le reste de la population sans pour autant que les coûts aient été majorés
Nous devrions peut-être nous inspirer de cette expérience réussie d’autant qu’on sait à quel point notre système de soins possède de réelles qualités qui ne sont pas exploitées par manque d’organisation et de cadre. Essayons déjà de mesurer la qualité des soins prodigués en renforçant l’évaluation a posteriori.




Opinions
1. Le jeudi 10 avril 2008 à 16:46, par Thierry FOURGEAUD
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