Il est une mesure très importante pour optimiser les conditions de travail des enseignants en ZEP : sortir la nomination des proviseurs dans un établissement ZEP des mécanismes classiques (voire quasi-automatiques), et cesser de recruter dans ces établissements des enseignants débutants qui n’en ont pas explicitement formulé la demande.

L’idée n’est pas tant de fidéliser les équipes en ZEP par des mesures attractives (primes, effort en faveur de l’habitat sur place) qui peuvent maintenir des personnels de faible motivation que de maintenir la motivation chez ceux qui ont les compétences et l’envie de former ces élèves. Envoyer ces jeunes enseignants fraîchement sortis de l’IUFM dans ces établissements est inique.

Cela suppose d’offrir des conditions optimales à ceux qui font le choix de ces établissements, avec la perspective de travailler dans des équipes volontaires, motivées, chevronnées, et tout à la fois d’offrir des alternatives crédibles à ceux qui s’y trouvent pour de mauvaises raisons.

Cela commande donc de revoir la notion de poste fixe (l’usure étant normale), de prendre en compte les responsabilités des enseignants et dissocier 2 ou 3 échelles salariales correspondant à ces différences de responsabilités, et de renforcer le système de valorisation de l’enseignement (échelon, hors classe) qui est actuellement faiblement incitatif

Enfin, compte tenu du stress, de la fatigue, qui peuvent intervenir au bout de quelques années, il est essentiel de faciliter les passerelles momentanées (une ou deux années) – y compris avec le privé – afin de permettre aux enseignants de se ressourcer.

Des équipes expérimentées, motivées et volontaires, n’est-ce pas une condition préalable pour amener les ZEP à devenir des « zones d’excellence pédagogique » ?