Il est une mesure très importante pour optimiser les conditions de travail des enseignants en ZEP : sortir la nomination des proviseurs dans un établissement ZEP des mécanismes classiques (voire quasi-automatiques), et cesser de recruter dans ces établissements des enseignants débutants qui n’en ont pas explicitement formulé la demande.
L’idée n’est pas tant de fidéliser les équipes en ZEP par des mesures attractives (primes, effort en faveur de l’habitat sur place) qui peuvent maintenir des personnels de faible motivation que de maintenir la motivation chez ceux qui ont les compétences et l’envie de former ces élèves. Envoyer ces jeunes enseignants fraîchement sortis de l’IUFM dans ces établissements est inique.
Cela suppose d’offrir des conditions optimales à ceux qui font le choix de ces établissements, avec la perspective de travailler dans des équipes volontaires, motivées, chevronnées, et tout à la fois d’offrir des alternatives crédibles à ceux qui s’y trouvent pour de mauvaises raisons.
Cela commande donc de revoir la notion de poste fixe (l’usure étant normale), de prendre en compte les responsabilités des enseignants et dissocier 2 ou 3 échelles salariales correspondant à ces différences de responsabilités, et de renforcer le système de valorisation de l’enseignement (échelon, hors classe) qui est actuellement faiblement incitatif
Enfin, compte tenu du stress, de la fatigue, qui peuvent intervenir au bout de quelques années, il est essentiel de faciliter les passerelles momentanées (une ou deux années) – y compris avec le privé – afin de permettre aux enseignants de se ressourcer.
Des équipes expérimentées, motivées et volontaires, n’est-ce pas une condition préalable pour amener les ZEP à devenir des « zones d’excellence pédagogique » ?
Des enseignants volontaires et motivés en ZEP
Par Estelle Toullec , vendredi 2 mars 2007, publié dans Education/ Recherche
L’école n’est pas indemne des maux dont souffre la société. L’Education nationale elle-même souligne combien « il est difficile d’imaginer l’état de déshérence et de délabrement de certains secteurs scolaires ». Mais rien de durable ne se fera sans l’école comme matrice de l’égalité des chances. Les politiques publiques ont pour mission de prouver que les ZEP, qui accueillent les enfants de milieux populaires ne sont pas des lieux d’échec, mais qu’au contraire, elles peuvent être des pôles d’innovation, de recherche, de bouillonnement, d’expérimentation éducative. C’est de là que viendront beaucoup des réponses à la crise de vocation que traverse l’école.
Trackbacks
Aucun trackback.
Pour faire un trackback sur ce billet : http://www.institutmontaigne.org/desideespourdemain/tb.php?id=41





Opinions
1. Le vendredi 2 mars 2007 à 19:55, par dodo
2. Le lundi 5 mars 2007 à 11:18, par Estelle TOULLEC (Institut Montaigne)
3. Le lundi 5 mars 2007 à 16:04, par frada37
4. Le lundi 5 mars 2007 à 16:08, par alain paul
5. Le mercredi 7 mars 2007 à 10:55, par aucle
6. Le jeudi 8 mars 2007 à 20:15, par DJEMBE59
7. Le vendredi 15 juin 2007 à 12:44, par Pitr
8. Le samedi 29 mars 2008 à 15:24, par 1prof2ZEP
Donnez votre opinion