C’est pourquoi l’Institut Montaigne plaide depuis longtemps pour que des hommes et des femmes plus expérimentés puissent devenir . A cette fin, on pourrait repousser la limite d’âge pour entrer à l’ENM, l’école qui forme nos futurs juges. Aujourd’hui, il faut en effet avoir moins de 27 ans pour commencer une formation de magistrat. Pourquoi ne pas remonter cette limite d'âge à 40 ans (option 1) ?

Autre possibilité (option 2) : au lieu de prévoir un âge limite d’entrée à l’ENM, pourquoi ne pas fixer a contrario un âge minimal d’entrée à l’école – fixé à 30 ans - et imposer une expérience professionnelle préalable d’au moins 3 à 6 ans dans la vie civile. Celle-ci pourra être à caractère non juridique, comme c’est déjà le cas pour les juges consulaires. Mais dans tous les cas, les candidats devront tout à la fois avoir reçu une formation minimale en droit et ne pas s’être contentés d’avoir poursuivi des études pendant ce délai ou préparé une thèse. Les épreuves du concours de l’ENM seraient modifiées en conséquence, l’examen en commission du dossier des candidats devenant une étape essentielle de l’admission. L’aptitude à juger des candidats serait ainsi autant considéré que leurs connaissances « scolaires ».

Au final, quel que soit l’option retenue, l’avantage de cette proposition est évident : mettre à la disposition de notre Justice des magistrats qui ont une plus grande connaissance de la vie et des hommes, acquise sur le terrain, dans le public ou dans le privé. Comme dans d’autres pays européens, devenir juge serait ainsi, non pas le commencement, mais le couronnement d’une carrière.

Eh oui, une justice modernisée, cela passe – paradoxalement – par des juges plus expérimentés !