Mais il est une autre voie possible pour atteindre cet objectif : celle de l’alternance via la création d’un nouveau concours. De quoi s’agit-il ? Eh bien, d’un concours spécifique à bac + 0, destiné aux élèves issus de lycées ZEP ou assimilés, qui pourrait être préparé l’été sur le campus des écoles de commerce sous la forme d’une « prépa d’été ». Cette préparation devrait être gratuite pour les élèves présélectionnés (ou, au moins, sous conditions de ressources). Elle contribuerait à préparer les candidats aux méthodes essentielles de l’entretien et de la présentation, sans négliger les connaissances scolaires. Un entretien avec le candidat, similaire à celui prévu par la procédure d’admission directe en seconde année, permettrait en outre de tester la motivation de celui-ci, ainsi que, le cas échéant, son projet professionnel.

Ce concours spécifique devrait donner lieu à une admission, sous condition de remplir certaines obligations, avec un report de deux ans afin d’éviter le décalage générationnel à l’intérieur d’une promotion (la durée d’une prépa « classique » étant également de deux ans). Pendant ces deux années, le futur étudiant de l’école de commerce pourrait effectuer une formation en alternance, combinant formation théorique dispensée dans un cadre universitaire (sur la base, par exemple, d’une convention école de commerce – IUT) et stage en entreprise.

Pour les étudiants ZEP, il s’agit de prendre de l’avance sur leur connaissance concrète du marché du travail, du monde de l’entreprise, et donc de leur permettre, une fois dans l’école de commerce, encadrés, de se former sur un cursus théorique et conceptuel qui leur est réservé au moment où les étudiants issus des concours ordinaires (voies générale, économique et technologique) partent en stage de fin de cycle initial. Pour éviter toute « démobilisation » de la part des étudiants admis dans l’école de commerce par cette « filière ZEP », certains qu’ils sont de pouvoir y entrer après deux ans passés en dehors de l’école, la réussite à un diplôme universitaire en France ou à l’étranger, ou l’accomplissement de x semaines de stages pourraient être des « pré-requis » à l’entrée à l’école. Si l’élève satisfait le parcours, alors son admission en 1reannée en école de commerce est assurée.

Cette procédure a des vertus immenses : elle relance la dynamique de travail dans les lycées concernés, comme le montre l’expérience « Sciences Po » ; elle permet d’améliorer l’information en amont auprès des élèves et des professeurs afin de susciter des vocations, réduire la censure et l’autocensure, faciliter le repérage et préparer les élèves à devenir des étudiants d’école de commerce.

Quelques écoles de commerce, en France, ont récemment adopté une telle procédure. Espérons que les autres ne tarderont pas à leur emboîter le pas…