Rétablir l’égalité des chances dès l’école primaire est donc une nécessité urgente, d’autant que les dysfonctionnements de l’école primaire sont à l’origine de ceux du système scolaire éducatif dans son ensemble. Pour ce faire, nous préconisons de donner le maximum d’autonomie aux écoles et aux enseignants de ces quartiers. Comment ? En déléguant à plusieurs centaines d’écoles volontaires certains pouvoirs de gestion, actuellement dévolus à des autorités supérieures (inspection d’académie, rectorat, ministère, etc.), dans le cadre d’un contrat clair avec l’État. Cela implique :

  1. la mise en place d’ « établissements publics d’enseignement primaire ». Chacun de ces établissements pourrait regrouper une ou plusieurs écoles primaires, y compris des classes maternelles, situées en ZEP, ZUS ou REP. Il bénéficierait d’une complète autonomie pédagogique, administrative et budgétaire.

  2. l’allocation par l’État à ces établissements d’un budget global de fonctionnement calculé sur une base annuelle, incluant la masse salariale de l’ensemble du personnel. Cette allocation correspondrait à la dotation allouée par l’État et les collectivités locales à une école primaire prise comme référence dans l’académie concernée. Elle serait majorée d’un supplément de 15 ou 20 % au titre d’une politique d’action positive en faveur de l’équité et de l’égalité républicaine.

  3. des équipes enseignantes cohérentes où les enseignants sont largement impliqués et, partant, motivés par la perspective de faire progresser le projet auquel ils sont étroitement associés.

  4. enfin, la mise en œuvre d’une procédure d’évaluation rigoureuse et transparente. Les élèves de ces écoles devront en effet maîtriser à l’entrée en sixième les savoirs élémentaires (lecture, écriture, calcul, langue vivante) et intégrer les comportements de base (capacité à se concentrer, à se comporter correctement, etc.) dans les mêmes conditions que les élèves d’une ou plusieurs écoles primaires situées au sein de quartiers « socialement favorisés », prises comme référent par le recteur au sein de l’académie.

    Chaque école doit pouvoir être en mesure d’apporter une réponse appropriée à sa situation particulière. Les quartiers, les écoles, les jeunes sont différents. L’égalité des chances c’est tenir compte de ces différences. Il n’y a pas une seule méthode. La bonne méthode c’est celle qui marche. Autrement dit, celle qui permet à nos enfants de savoir lire, écrire et compter.