Les dons versés à des associations reconnues d’utilité publique ouvrent droit à une réduction d’impôts pouvant aller de 66 % (dans la limite de 20% du revenu imposable) à 75% (dans la limite de 488 euros) pour les organismes d’aide aux personnes en difficultés. Mais pour en bénéficier, il faut donc payer l’impôt sur le revenu.

Or, près d’un foyer sur deux est non imposable et, toutes les études en la matière sont formelles : les plus modestes sont proportionnellement les plus généreux. Selon la Fondation de France, « les plus modestes sont toujours les plus généreux avec des dons moyens correspondant à presque 1 % de leur revenu imposable. Parmi les plus hautes tranches, le pourcentage est à peine supérieur à 0,5 % »

Ainsi, selon rapport « La générosité des Français » éditée par le CerPhi en Novembre 2005, 827 000 foyers n’ont pas vu en 2005 leurs 175 millions d’euros de dons bénéficier de l’accompagnement de l’Etat, faute de payer l’impôt sur le revenu.

Et si l'on considère que le mécénat est un moyen efficace pour renouer le lien social et exprimer un engagement citoyen, il est injustifié de n'encourager qu'un Français sur deux à le pratiquer. Les dons effectués par des personnes non imposables méritent tout autant l’accompagnement de l’Etat que les autres. C’est pourquoi l’Institut Montaigne propose la mise en place d’un crédit d’impôt permettant aux personnes non imposables de bénéficier, elles aussi et à juste de titre, de ces avantages fiscaux. Ainsi, le Trésor public reverserait aux ménages non imposables une fraction de leur don.

Le coût de la mise en place de ce crédit d'impôt serait faible pour l'Etat, les personnes modestes n'ayant de toute façon pas les moyens financiers d'effectuer des dons importants. En revanche, cette mesure, hautement symbolique, irait dans le sens d’une plus grande justice fiscale et encouragerait, à coup sûr, les Français à se montrer encore plus généreux !