La France fait figure d’exception en Europe par sa rigueur et l’étendue des obstacles ! Notre cas a d’ailleurs été évoqué par la Directive « Services » qui contraint la France à ouvrir les secteurs auxquels l’accès a, jusqu’à présent, été restreint.

Si certaines professions doivent être règlementées et ce, dans l’intérêt du consommateur, d’autres ne devraient plus l’être et leur protection constitue alors, un obstacle inutile pour des travailleurs compétents et motivés.

Par exemple, pourquoi exige-t-on d’un coiffeur un Brevet professionnel pour ouvrir son salon ? Il n’existe aucune justification en termes de protection du consommateur d’une telle restriction. Même chose pour le professeur de tennis : même s’il est numéro un mondial, il ne lui est pas possible d’enseigner le tennis s’il n’est pas titulaire du diplôme !

De plus, dans certains secteurs où les professionnels ne sont pas suffisamment nombreux, l’ouverture de ces professions fermées permettrait de créer plus d’emplois et donc de mieux répondre à la demande des clients. On peut rappeler l’exemple maintes fois cité des taxis parisiens dont la pénurie ne peut être solutionnée que par l’augmentation du nombre de licences. Les réformes intervenues chez nos voisins suédois et irlandais, décrites dans le rapport de Pierre Cahuc et de Francis Kramarz, montrent combien la suppression du contingentement des licences et même la règlementation des tarifs sont des pistes intéressantes qui mériteraient au moins d’être débattues avec les syndicats professionnels.

Selon ce même rapport, une ouverture de ces métiers « sur-règlementés » permettrait de créer « plus d’un millions d’emplois si l’on se base sur les comparaisons internationales sur le secteur des services et des commerces »

Alors que la France connaît un taux de chômage inacceptable, et qu’elle dispose encore de gisements d’emplois sous-utilisés, ne serait-il pas temps de lever ces barrières ?



Lien vers le rapport de Michel Camdessus "Le sursaut - vers une nouvelle croissance pour la France"

Lien vers le rapport de Pierre Cahuc et de Francis KRAMARZ "De la précarité à la mobilité : vers une Sécurité sociale professionnelle"