Certains considèrent que l’entreprise est le principal responsable de l’exclusion. L’Institut Montaigne pense qu’elle a au contraire vocation à être un acteur important du «raccommodage social » et du traitement des situations de pauvreté. Mieux : il est dans son intérêt de jouer pleinement ce rôle sur le mode du gagnant-gagnant, notamment en recrutant des personnes employables bien que précaires et en faisant de ce public une cible prioritaire des actions de recrutement.

L’intégration de ces collaborateurs précaires dans l’entreprise serait renforcée par la mise en place d’une véritable culture d’entreprise orientée sur le tutorat et le parrainage. Cela passe notamment par une forte implication des salariés-volontaires. Ils coacheront ces collaborateurs en difficulté et seront chargés de les aider (et non de les assister) à acquérir plus d’autonomie.

Pour aller plus loin, l’Institut Montaigne propose de créer dans l’entreprise un poste de référent insertion au sein des ressources humaines, chargé de soutenir ces tuteurs et parrains. Peu importe que sa formation initiale soit le management ou le travail social etc. L’essentiel est qu’il connaisse, d’une part les moyens et contraintes de l’entreprise et d’autre part, les méthodes d’insertion professionnelle, les acteurs qui y participent et qu’il devienne ainsi un véritable appui pour ces accompagnateurs. Lorsque l’entreprise n’a pas les moyens de créer un poste de référent insertion, elle peut s’associer avec une entreprise d’insertion, un organisme public, un syndicat, une association ou autre, pour effectuer le suivi de ses collaborateurs.

A l’heure où le nombre de personnes pauvres ne cesse d’augmenter, n’est-il pas temps de lever les blocages, de faire tomber les préjugés et d’encourager tous les acteurs à oser de nouvelles idées pour faire reculer la pauvreté ?