Le problème, c’est que les salariés qui bénéficient aujourd’hui le plus de la formation professionnelle, sont souvent ceux qui sont déjà les plus diplômés et les mieux formés. Les travailleurs qui ont quitté l’école à 16 ou 18 ans en bénéficient peu. Or ce sont eux qui en ont le plus besoin.

C’est pourquoi l’Institut Montaigne propose de créer pour chaque salarié un « compte épargne formation » financé par l’Etat, la région, l’entreprise et le salarié lui-même. Ce compte lui permettra de suivre des formations dans son secteur d’activité pour se perfectionner, ou dans un autre domaine pour évoluer. Elément important : plus le salarié aura quitté l’école tôt, et plus il aura droit à des formations.

En effet, nous proposons que le compte individuel de « développement des compétences » soit abondé, entre autre par l’Etat, au moyen d’un crédit « formation initiale » inversement proportionnel à la durée de la formation initiale dont a bénéficié le salarié. Un jeune qui arrête ses études à 23 ans pour entrer dans la vie professionnelle a bénéficié d’une aide de la collectivité nationale durant 17 ans (6-23 ans) ; en revanche, celui qui occupe un emploi à l’issue de la scolarité obligatoire (16 ans) n’a bénéficié de cette aide que 10 ans seulement. Il est donc normal que ce dernier puisse davantage se former par la suite.

C’est une question de justice (sociale), mais aussi d’efficacité (économique). Car la meilleure façon pour chacun de se protéger contre le chômage, n’est-ce pas de se former tout au long de la vie pour assurer son employabilité et pouvoir, le cas échéant, en toute sérénité, changer d’emploi ou de métier ?