Pourquoi, dès lors, ne pas rémunérer les agriculteurs pour ce travail ? C’est ce que propose l’Institut Montaigne. Aujourd’hui, le revenu des agriculteurs dépend essentiellement de leur production et des aides européennes (PAC), mais insuffisamment de ce qu’ils font en faveur de l’environnement. Prévenir les incendies de forêt en débroussaillant les sous-bois, préserver les prairies des avalanches, mais aussi conserver une faune et une flore diversifiées - tout cela, les agriculteurs le font gratuitement. Pourquoi ne seraient-ils pas payés pour ce travail ?

Il est crucial de rémunérer à leur juste valeur les fonctions « non marchandes », c’est-à-dire les externalités positives que fournit l’agriculture à la société (préservation de l’environnement, protection de la biodiversité, entretien des paysages, mise en valeur de l’espace rural, séquestration du carbone, etc.). D’autant plus que les Français y sont favorables. Nombre d’enquêtes montrent qu’ils sont prêts à payer pour la préservation et la vitalité des espaces ruraux.

Attention, cependant ! Il ne s’agit pas de rémunérer le simple respect de la législation environnementale, mais de financer un véritable service ayant une valeur ajoutée pour la société (entretien des sous-bois contre le feu, des prairies contre les avalanches, contribution à la préservation de la faune, préservation des sols par itinéraires agronomiques adaptés, etc.). C’est à cette condition que l’on incitera les agriculteurs à s’engager non seulement dans la voie de pratiques raisonnées, mais aussi dans la fourniture de services à fort contenu environnemental.

A côté du principe du pollueur-payeur, cohabiterait donc désormais un autre principe : celui du dépollueur-bénéficiaire !