Nos propositions en un coup d’œil

>> Comment déghettoïser les quartiers

Propositions issues de la Note "Comment déghettoïser les "quartiers" – Un exemple concret : les Bosquets à Montfermeil" – Juin 2009


Pour des raisons autant liées à l’histoire qu’aux politiques d’éducation et d’urbanisme conduites depuis un demi-siècle, le principe d’égalité sonne creux à l’oreille de millions de Français qui vivent en banlieue. Ces Français sont relégués socialement et concentrés géographiquement : cette véritable ghettoïsation les transforme en "oubliés de l’égalité des chances".

Dans ce contexte et dans le prolongement des travaux précédents de l’Institut Montaigne, il est apparu nécessaire et urgent de travailler concrètement sur l’un des quartiers, qui, en France, concentre le plus de difficultés : celui des "Bosquets" à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. L’objectif de cette démarche est de démontrer que sur le terrain, par des initiatives locales, il est possible de changer la donne. La mise en œuvre des propositions suivantes ainsi que l’évaluation de leur efficacité tend à montrer qu’elles pourraient être répliquées ailleurs.

 

  • Education : refaire de l’école un ascenseur social. Réformer le statut des ZEP permettrait de remédier à un échec scolaire aggravé par l’absence de mixité ethnique et sociale, l’analphabétisme d’une partie des parents, l’absentéisme des enseignants, l’absence de soutien scolaire public. Il convient d’accroître leur autonomie en confiant aux directeurs d'école le recrutement de l'ensemble des personnels, y compris le personnel enseignant titulaire. Les enseignants qui désirent être mutés doivent être encouragés dans leurs démarches afin de constituer des équipes pédagogiques tant motivées que soudées. A cette fin, l’Etat devrait subventionner, pour cinq ans, le versement aux enseignants d’une prime équivalente à 100 % de leur salaire.

 

  • Emploi : permettre aux jeunes d’accéder au marché du travail. Les quartiers sont touchés par un chômage de près de 25 %, alors même que certaines entreprises peinent à recruter : c’est que l’offre de formation professionnelle est insuffisante.

    L’Institut Montaigne a proposé de créer un centre de formation associé au Cnam (Centre national des arts et métiers), qui offrirait des formations en électrotechnique, en vente de produits financiers et en génie civil, alliées à un recours accru à l’apprentissage, donc mieux adaptées au marché de l’emploi local. Il recommande également la création d’une cellule "Entreprises et quartiers", qui favoriserait l’insertion professionnelle des jeunes ainsi qu’une "Partenariat Projet-Formation" qui serait chargé de collecter les fonds de la formation professionnelle.

 

  • Santé : assurer à tous l’accès aux soins. Créer une maison de la santé pluridisciplinaire, pour remédier à la situation de "désert médical" des quartiers et à l’engorgement des centres de soin. Mettre en place un dispositif de santé bucco-dentaire. Favoriser l’aide à la souscription d’une assurance complémentaire.

 

  • Transports : désenclaver les quartiers. Profiter du projet "Grand Paris" pour remédier au désenclavement : une heure trente est nécessaire pour atteindre le centre de Paris, ce qui nuit à l’insertion professionnelle des habitants. Créer des couloirs de bus et soutenir le projet de tramway T4.