L’Institut Montaigne et la Fondation Genshagen ont lancé une série de publications intitulée Green Deal, un nouvel élan - perspectives pour une transformation durable et juste de l’Europe, une série de billets qui engagent une réflexion sur les enjeux économiques, sociaux et politiques liés au Green Deal dans le cadre de la crise du Covid-19 et des plans de relance en Europe.
À l’occasion de la fin imminente de notre série, Pascal Canfin, Président de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen, nous livre sa tribune pour un nouveau modèle de prospérité européen.
En Europe, nous sommes désormais engagés dans un changement sans précédent de nos politiques pour le climat. Il y a deux ans, lorsque la France a proposé de se fixer comme objectif la neutralité climatique en 2050, seuls deux États européens ont répondu à l’appel. Deux ans plus tard, c'est devenu l’objectif officiel de l’Union européenne. Mais aussi celui porté maintenant par Joe Biden aux États-Unis, par le nouveau premier ministre japonais, et même par la Chine qui s’est officiellement dotée d’un objectif de neutralité climat en 2060.
Nous sommes aujourd’hui à un tournant historique. D’un côté, nous entrons dans l’ère de ce que j’appelle "la souffrance climatique" qui voit déjà se multiplier les évènements climatiques extrêmes, les sécheresses qui mettent en risque la sécurité alimentaire, à commencer par les pays les plus pauvres qui sont des poudrières dont les chocs nous atteindront. Mais au même moment, nous vivons le point de bascule où nous voyons le chemin pour éviter le pire. Nous disposons de l’essentiel des solutions pour reprendre notre destin en main. Quelques chiffres : en 2019, 90 % des nouvelles capacités d’électricité installées dans le monde l’ont été à base d’énergies renouvelables. Grâce à la fin accélérée du charbon en Europe, les émissions de CO2 liées au secteur de l’énergie ont baissé de 15 % en une seule année en 2019 ! Et les voitures électriques ont vu leurs ventes être multipliées par 10 en Europe sur la seule année 2020.
À ce moment de notre histoire tout peut basculer d’un côté ou de l’autre et les décisions que nous prenons maintenant engagent notre avenir. C’est pourquoi, le Green Deal européen est un enjeu absolument majeur : démontrer que l’on peut, à l’échelle d’un continent de 500 millions d’habitants, créer le cercle vertueux d’une transformation profonde de notre économie sans fracturer nos sociétés.
50 lois européennes : un changement de paradigme pour faire de l’Europe une puissance verte
Mais il ne suffit pas de se fixer des objectifs, il faut bâtir un chemin crédible pour les atteindre. En 18 mois d’ici fin 2022, nous allons réformer de manière inédite plus de 50 lois européennes qui vont permettre un changement de paradigme majeur. Finance, marché du carbone, standard de CO2 des voitures, économie circulaire, biodiversité, pesticides… En s’attaquant à tous les enjeux en même temps, ces 50 lois sont le cœur du réacteur du Green Deal et vont en concrétiser de manière crédible la réalisation.
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