L’Institut Montaigne confie en permanence de nouveaux projets de recherche à des groupes de travail spécifiquement mis en place et à des experts-associés en mission pour trois mois à un an. Ainsi l’Institut Montaigne donne-t-il la parole à des acteurs de la société civile venus de divers horizons et cherchant à s’affranchir des schémas de pensées préexistants. Ils formulent leurs propositions en toute indépendance en s’appuyant sur leur recherche personnelle mais aussi en s’appuyant sur des exemples étrangers pertinents. Voici les travaux en cours de réalisation.

"15 propositions pour l'emploi des jeunes et des seniors"
Groupe de travail présidé par Danielle Nees, Consultante en stratégie et création d’offre, Docteur en économie appliquée, ULB (Bruxelles)
Le pacte de solidarité de 1945, selon lequel les actifs financent les études des juniors et les retraites des seniors trouve aujourd’hui ses limites. La part de la population qui supporte cette double charge s’est en effet considérablement réduite : près de 80% des emplois dans notre pays sont assurés par la population des 25-54 ans, alors que celle-ci ne représente que 41% de la population totale. En même temps, le taux d’emploi des juniors et des seniors reste faible. Cette concentration de l’activité économique sur les 25 -54 ans n’est pas tenable, ni d’un point de vue démographique, ni d’un point de vue économique. Les travaux de ce groupe déboucheront sur une série de propositions concrètes pour développer l’emploi des juniors et des seniors, articulée autour de trois idées simples : “développer l’employabilité tout au long de la vie”, “réduire les rigidités du système français”, “revaloriser le travail”.
"Energies renouvelables et réseaux"
Groupe de travail coordonné par Jean-Paul Tran Thiet, Avocat associé (White & Case) - membre du Comité directeur de l'Institut Montaigne
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Alors que les énergies renouvelables sont vouées à prendre une part de plus en plus importante dans la production et la consommation électrique d'un pays comme la France, leur raccordement au réseau global d'électricité demeure complexe. Comment adapter le réseau électrique du futur (à la fois en tant que système physique et pour sa gestion) à la nouvelle donne des énergies renouvelables décentralisées et aux nouvelles technologies, notamment pour le stockage et la gestion de la demande ?
"Dossier médical personnel"
Note de Barbara Ngouyombo, Chef d'entreprise (Anoigma) et Présidente de Cloud Santé en France
L’Institut Montaigne va publier prochainement une Note sur le Dossier Médical Personnel (DMP) et sa mise en œuvre en France. Ce projet a été initialement introduit par le Ministère de la Santé en août 2004 et relancé en 2009 après un premier échec. Alors que les pouvoirs publics en France comme à l’étranger consacrent des sommes importantes à l’expérimentation d’un DMP national et que les retours sur investissement sont faibles voire nuls pour les projets qui ont vu le jour, de plus en plus de patients se tournent vers des solutions privées et gèrent leur dossier médical sur Internet, comme leur compte bancaire ou leur dossier fiscal. L’étude de l’Institut Montaigne analyse les obstacles aujourd’hui réels et fictifs au déploiement d’un tel système d’information et propose également une comparaison avec des initiatives prises par nos voisins européens et dans certains pays émergents.
Doit-on continuer de miser sur un système complètement centralisé ? Faut-il décentraliser les solutions ? Cette réflexion mérite d’être conduite sans quoi le DMP national attendu depuis 5 ans déjà risque d’être dépassé lorsqu’il sera un jour opérationnel.
"Compétitivité de l'économie française"
Groupe de travail présidé par Philippe Wahl, Directeur général France, Belgique et Luxembourg, The Royal Bank of Scotland
Si l’excédent commercial ne saurait être recherché pour lui-même, il est un bon indicateur au sens où il renvoie une image de l’évolution de notre appareil productif et pèse sur les politiques économiques. Ainsi, l’Allemagne enregistre-t-elle des excédents commerciaux records, alors que le commerce extérieur français, lui, ne cesse de se dégrader depuis 2000.
Partant de ce constat, notre groupe de travail s’est donné pour objectif de déterminer si la France a une spécialisation industrielle, si cette spécialisation a un impact sur les performances du pays et si, le cas échéant, elle peut utilement être modifiée.
Les toutes premières séances de travail nous ont enseigné que cette spécialisation économique ne saurait expliquer à elle seule la détérioration des parts de marchés de notre pays. Celle-ci résulte plus sûrement de la combinaison d’un ensemble de facteurs macro et micro-économiques que notre groupe de réflexion s’est donné pour mission d’identifier.
Le travail du groupe s’achèvera comme le veut l’usage à l’Institut Montaigne sur une série de recommandations concrètes, mais c’est le diagnostic qui nourrirait l’essentiel du rapport.
"Informatisation de la société"
Groupe de travail présidé par Michel Volle, Consultant, spécialiste des systèmes d’information
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L’informatique a révolutionné la société et a transformé les secteurs de la santé, de l’éducation, des loisirs, ainsi que la vie de famille : sans elle, pas de carte bancaire, de téléphone mobile ou d’Internet, etc. Ce phénomène représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les entreprises mais aussi une formidable opportunité de repenser les politiques publiques. Comment tirer profit de cet outil tout en conservant la maîtrise de systèmes de plus en plus complexes ?
La maîtrise de l’informatique et de toutes ses opportunités constitue un défi majeur pour les sociétés contemporaines et un enjeu géopolitique pour les nations et leur compétitivité : malheur à celles qui auront trop tardé à s’informatiser, car elles subiront la puissance des autres. Dans les années 1980, l’industrie informatique française était comparable à celle des pays asiatiques comme le Japon, la Corée du Sud ou Singapour. Or, aujourd’hui, les entreprises françaises accusent un retard important, consécutif à un manque de maturité et une inconscience face aux risques, et ce, malgré de brillantes exceptions.
Il importe de porter cet enjeu à la conscience des responsables économiques et politiques afin d’éclairer leurs décisions pour que le système productif et, plus généralement, la vie en société, soient les grands bénéficiaires de cette innovation technologique fondamentale.

"Faciliter les passages public-privé"
Groupe de travail présidé par Thierry Bert, Consultant (Inspecteur général des Finances)
On a souvent l'impression que le passage du public au privé est réservé à une petite élite, et que l'inverse est rendu très difficile par l'existence de corps et de statuts. La réalité est sans doute beaucoup plus nuancée, notamment dans les métiers techniques. Mais nous n'en avons pas la mesure, et le passage entre les deux sphères reste quand même marginal dans notre pays, alors qu'il semble très aisé dans les pays nordiques ou anglo-saxons.
Cette étanchéité est regrettable du point de vue de la sphère publique et de la sphère privée (fertilisation croisée impossible), mais elle est surtout très regrettable du point de vue des salariés qui sont en quelque sorte "professionnellement hémiplégiques", leur horizon des possibles étant plus limité.
Cela réduit les possibilités de mobilité professionnelle, laquelle est le principal déterminant d’une mobilité sociale très insuffisante dans notre pays.
- Quel est l’état des lieux de la réalité actuelle ? - Quelles sont les explications légales, réglementaires, culturelles à cet état de fait ? - Pourquoi y a-t-il plus de souplesse à l’étranger ? - Comment faciliter les passages public-privé ou privé-public à tous les niveaux, là où ils sont aujourd’hui, en France, réservés à une toute petite élite ?
"Création et développement d'entreprises en France"
Groupe de travail présidé par Arnaud Vaissié, Président directeur général d’International SOS, Président de la Chambre de Commerce française de Grande-Bretagne
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Aujourd’hui en France, seule l’entreprise peut créer de l’emploi : l’administration n’a plus cette capacité et les grands groupes génèrent peu d’emplois nouveaux comparés aux 100 000 créés en moyenne chaque année par les PME. De plus, les grands groupes ont une stratégie de recrutement davantage tournée vers l’international. Les Français ne sont pas moins entrepreneurs que leurs voisins, au contraire, puisqu’en terme de création d’entreprises ils sont dans le peloton de tête des pays de l’UE et le nombre de créations augmente sensiblement chaque année (de 321 000 en 2007 à 580 200 en 2009). En revanche, la France peine à faire émerger des PME de taille internationale, comparables à leurs concurrentes allemandes ou britanniques. Les PME françaises sont donc mal armées pour devenir des acteurs de premier plan, soit parce que l’environnement économique français ne leur est pas assez favorable soit parce qu’elles sont revendues trop tôt. Ce problème est crucial puisqu’il touche au commerce extérieur (dont le déficit est passé de 231 millions d’euros en 2003 à 43 milliards d’euros en 2009), à l’emploi et à la création de richesses (et donc à la redistribution). Depuis 2 ans, un certain nombre de mesures en France vont dans le bon sens. Par exemple : une administration plus efficace (possibilité de créer une entreprise en quelques heures), la défiscalisation comme moteur de financement des PME (loi TEPA), l’auto-entrepreneuriat ou l’autonomie des universités (préalable au développement de partenariats avec les entreprises). La tendance est donc encourageante, mais seule une exécution rapide et dynamique permettra à la France de recoller au peloton car nos voisins de l’Europe du Nord accélèrent eux-mêmes leur rythme de changement.
"Rénover notre Démocratie sociale"
Groupe de travail coordonné par Gérard Adam, Professeur émérite au Cnam
En pleine crise économique, le déclin des syndicats en France et la baisse de leur représentativité inquiètent. Ils préoccupent de nombreuses entreprises mais aussi les pouvoirs publics, les acteurs syndicaux eux-mêmes, et plus largement tous ceux qui s’intéressent à la qualité du dialogue social dans notre pays. Celle-ci est primordiale, particulièrement quand les conditions économiques se durcissent, tant pour la cohésion de la société que pour la performance des entreprises.
Entreprise & Personnel et l’Institut Montaigne ont décidé de conjuguer leurs moyens et leur expertise afin de dépasser les constats habituels sur la crise du syndicalisme. L’objectif commun est de contribuer à l’amélioration de notre démocratie sociale.
"La communauté académique française aux Etats-Unis"
Etude de Ioanna Kohler, Directrice des programmes de politique sociale, French-American Foundation, New York
Dans un contexte où ''l’économie de la connaissance'' est devenue un facteur clef de la compétition mondiale, instances dirigeantes comme milieu universitaire s’inquiètent du phénomène de brain drain qui prive la recherche française de ses meilleurs cerveaux, ''exilés'' aux Etats-Unis. D’aucuns doutent de plus en plus de la capacité de la France à recruter puis à retenir les meilleurs talents dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, qu’ils soient français ou non.
L’Institut Montaigne conduit une recherche approfondie sur la communauté académique française expatriée aux Etats-Unis : le but est d’analyser la réalité du brain drain entre ces deux pays. Jeunes ou moins jeunes chercheurs formés en France ou hors de l’Hexagone, chercheurs étrangers qui ont quitté notre pays après y avoir été formés : les archétypes sont nombreux. Ils illustrent la complexité mais aussi la rapidité des évolutions qui dessinent un paysage universitaire mondialisé.
A quoi ressemble la diaspora universitaire française aux Etats-Unis ? Quels moyens mettre en œuvre pour améliorer l’attractivité du secteur de la recherche en France ? Comment accroître la visibilité internationale des universités françaises ? Défi français, défi européen, défi pour tous les pays de l’OCDE ? Quelles sont les bonnes pratiques ? Comment identifier ce qui relève du cadre français ou ce qui ressortit à l’Union européenne ? Quel est le rôle dévolu aux universités à l’heure de l’autonomie et des visées du Grand emprunt national ?
L’Institut Montaigne publiera, cet automne, une Etude dans laquelle seront formulées des propositions pour améliorer l'attractivité de la recherche dans notre pays. L’enjeu est d’identifier les moyens de promouvoir les échanges académiques et la mobilité des chercheurs entre la France et les Etats-Unis, de favoriser la diffusion des connaissances et du savoir, mais aussi le rayonnement intellectuel, scientifique et économique de la France – ainsi que sa compétitivité.
"Propriété intellectuelle"
Groupe de travail présidé par Bernard Charlès, Président et CEO, Dassault Systèmes
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