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Ambition pour l'agriculture, libertés pour les agriculteurs


Dans son nouveau rapport « Ambition pour l'agriculture, libertés pour les agriculteurs », l'Institut Montaigne propose des pistes pour redonner à l'agriculture un modèle économique viable et aux agriculteurs des perspectives et l'envie d'entreprendre. Il appelle également les pouvoirs publics à un nouveau pacte européen en faveur de l'agriculture qui fixe le cap d'une politique agricole renouvelée pour les dix ans à venir et qui permette de réconcilier les dimensions nationale, européenne et mondiale du défi agricole contemporain.

Déstabilisés par les évolutions de la PAC, convaincus qu'ils ne sont plus qu'une variable d'ajustement dans les négociations internationales et asphyxiés par le poids des contraintes, des réglementations et des contrôles, les agriculteurs connaissent l'une des pires crises d'identité de leur histoire. En témoigne leur ralliement massif au camp du « non » lors du dernier référendum … alors même qu'ils sont lourdement aidés par Bruxelles. Or, cette crise intervient au plus mauvais moment : les enjeux planétaires du siècle ont tous la relation à la terre comme facteur commun.

Jusqu'à présent, l'action des pouvoirs publics n'a pas été à la hauteur de l'enjeu. En France, en dépit de certaines avancées, le projet de loi dit « d'orientation agricole », qui s'apparente davantage à une « loi-rustine » ou à une « loi portant diverses dispositions d'ordre agricole », n'échappe pas à la règle. En Europe, à l'heure où la PAC - quarante ans après son introduction - est attaquée de l'extérieur et remise en cause de l'intérieur, un nouveau pacte européen en faveur de l'agriculture est nécessaire pour fixer un nouveau cap.

 

La France et l'Europe ont un intérêt stratégique à préserver leur agriculture. C'est dans cette perspective que s'inscrivent les propositions de l'Institut Montaigne : 
Première ambition : redonner à l'agriculture un « business model » viable
- Bâtir les conditions d'une concurrence plus saine et plus loyale sur les marchés nationaux en rétablissant les conditions d'un rapport de force plus équilibré entre l'amont et l'aval agricole, et sur les marchés internationaux en obtenant la suppression du « marketing loan » et des paiements contra-cycliques américains à l'OMC ;
- Assurer l'avenir de l'agriculture par sa diversification en solvabilisant les fonctions non marchandes de l'agriculture et en favorisant la conquête de nouveaux débouchés ;
- Une fois ces réformes engagées, envisager le retrait progressif des aides directes aux agriculteurs et sortir du tabou relatif au maintien d'exploitations sous-équipées, non compétitives, sous perfusion de subventions publiques et sans perspective de rentabilité.
Deuxième ambition : Redonner des marges de manœuvres aux agriculteurs
- Dans le choix des productions : en renégociant les accords de Blair-House qui sont à l'origine d'un contingentement injustifié et inefficace de la production d'oléagineux au sein de l'Union européenne ;
- Dans la mise en œuvre de la « conditionnalité » (qui détermine les versements des aides aux agriculteurs) en desserrant l'étau des contraintes qui pèsent sur eux.
Troisième ambition : Créer un environnement propice au renforcement de la compétitivité de l'agriculture française
- Axer l'effort de recherche sur des priorités fortes (en particulier biocarburants, biotechnologies, génomique) ;
- Réduire la technostructure agricole pour faire mieux avec moins cher ;
- Donner une meilleure lisibilité à l'action publique, au besoin en envisageant la création d'un grand ministère de l'agriculture, de l'environnement et de la consommation.
Quatrième ambition : faire un effort particulier en matière de communication pour remédier à l'incompréhension grandissante entre les citoyens et le monde agricole
- Inaugurer une « cité de l'Agriculture » sur le modèle de la cité des sciences et de l'industrie ;
- Généraliser l'organisation des journées « fermes ouvertes ».

C'est à ces conditions que la France se montrera à la hauteur de l'ambition qu'elle nourrit pour l'agriculture. Une ambition qu'elle pourra plus facilement faire partager à ses voisins européens.  


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