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L'agriculture française a-t-elle encore un avenir ?Le 43e Salon de l'Agriculture vient d'ouvrir ses portes à Paris. Sur fond d'incertitude, voire d'inquiétude. Pas seulement d'ailleurs pour les professionnels de la filière avicole menacée par l'épidémie de grippe aviaire, mais pour l'ensemble des agriculteurs français. C'est en effet toute une profession qui s'interroge avec angoisse : l'agriculture française a-t-elle encore un avenir ? Première évidence : la France a un intérêt stratégique à préserver son agriculture. L'agriculture remplit des fonctions vitales pour la société et en premier lieu la sécurité des approvisionnements alimentaires. Elle est également pourvoyeuse des bienfaits collectifs indirects (ou "externalités positives"), que sont la contribution à la lutte contre l'effet de serre, la préservation de l'espace rural, l'entretien des paysages, etc. Enfin, ses effets sur l'emploi ne sont pas négligeables. Certes, l'emploi agricole stricto sensu diminue. Mais l'agriculture crée des emplois en aval (industries de première et seconde transformations, outillage et machinerie, etc.) et, sans elle, l'industrie agro-alimentaire française, premier secteur industriel du pays devant l'industrie automobile, ne pourrait être aussi performante. Deuxième évidence : l'agriculture ne peut plus être soutenue à n'importe quel prix. Dans un contexte où les ressources publiques sont rares, nous sommes condamnés à faire mieux avec moins. La seule solution, c'est de redonner à l'agriculture un modèle économique viable, c'est-à-dire réunir les conditions d'un développement économique autonome. C'est ce que propose le rapport Ambition pour l'agriculture, libertés pour les agriculteurs de l'Institut Montaigne. Pour cela, il faut tout d'abord diversifier les activités et les sources de revenus des agriculteurs. Les fonctions non marchandes que fournissent les agriculteurs à la collectivité (préservation de l'environnement, aménagement des sous-bois contre le feu et des prairies contre les avalanches, séquestration du carbone, etc.) doivent être solvabilisées. Parallèlement, l'émergence de nouveaux débouchés stratégiques comme les biocarburants ou le biogaz doit être accélérée. L'exemple des Etats-Unis et du Brésil montre l'importance d'une politique ambitieuse d'incitations fiscales et d'investissements publics pour le décollage des "filières vertes". Les agriculteurs doivent aussi pouvoir retrouver des marges de manœuvre, notamment dans le choix des productions. Pourquoi s'interdire, en particulier, de renégocier les accords de Blair-House (conclus avec les Etats-Unis en 1994) alors que ces accords sont à l'origine d'un contingentement aussi injustifié qu'inefficace dans la production d'oléoprotéagineux en Europe ? Une fois ces quelques propositions - parmi d'autres contenues dans le rapport Ambition pour l'agriculture, libertés pour les agriculteurs - mises en œuvre, l'on pourra envisager le retrait progressif des aides directes versées aux agriculteurs. Et sortir du tabou relatif au maintien d'exploitations sous-équipées et sous perfusion de subventions publiques sans perspective de rentabilité. Naturellement, la société devra offrir des conditions dignes de sortie d'activité (primes de départ) aux plus précaires. Mais la perspective d'aller vers un modèle agricole à 150 000 exploitations professionnelles à vocation agricole exclusive ne doit pas être vécue comme un drame dès lors que ces exploitations sont durablement rentables et co-existent aux côtés d'exploitations mixtes, elles aussi pourvoyeuses d'emplois, associant activités agricoles et prestations de services (agrotourisme etc.). La vitalité de l'agriculture "secondaire" (petites parcelles utilisées dans le cadre d'une activité annexe ou de loisir) doit également être prise en compte. Oui, l'agriculture française a bien un avenir. A la condition de passer d'une agriculture d'assistés et de résignation à une agricuIture de développement économique, de responsabilité et de libertés retrouvées pour les agriculteurs. Télécharger Télécharger cette publication (PDF, 0 Ko) Télécharger les propositions opérationnelles (PDF, 0 Ko) Télécharger le résumé (PDF, 0 Ko) Télécharger le bon de commande (PDF, 0 Ko)Ecouter |
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