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Manifeste pour l'Europe – 20 propositions pour relancer la construction européenne


L'Institut Montaigne publie, en collaboration avec le Centre for European Reform, un travail de recherche innovant pour relancer l'Europe.

Fait sans précédent, deux think tanks anglais et français, le Centre for European Reform et l'Institut Montaigne, ont décidé de joindre leur expertise pour publier à l'occasion du mini-summit de Londres aujourd'hui un document, véritable outil de travail à l'intention des chefs d'Etat et de gouvernement.

Intitulé « 20 propositions pour relancer l'Europe », il fixe quatre priorités pour l'UE :
1.   rendre plus souple l'intégration, au point mort depuis l'échec de la ratification du traité constitutionnel
L'UE doit prendre acte de la mort du traité constitutionnel qu'il est vain de vouloir ressusciter tant la mécanique institutionnelle de l'Union est aujourd'hui enrayée. Elle doit par conséquent décréter un moratoire de 5 ans sur toute modification significative des traités et axer désormais ses efforts sur des projets et des politiques susceptibles de produire des résultats tangibles pour ses citoyens.
2.   Intensifier la coopération dans les domaines clefs
Plutôt que de se disperser, les Etats-membres doivent identifier quelques domaines prioritaires où leur collaboration doit être poussée à son maximum. La lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme international, l'enseignement supérieur (transformation d'une demi-douzaine d'universités en « centre d'excellence ») ou encore la recherche (mise en œuvre d'un brevet unique européen, valable dans les 25 pays de l'UE) sont à privilégier pour renforcer la sécurité et la compétitivité de l'Union.
3.   Peser davantage sur la scène internationale
Si elle ne veut pas se contenter de jouer les seconds rôles sur la scène internationale, l'UE doit procéder à une refonte complète de sa politique étrangère. En vue d'accélérer la prise de décision et maximiser l'impact de ses maigres ressources, l'Union doit déléguer !a présidence du conseil des ministres des Affaires étrangères au Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité (actuellement, M. Javier Solana), le Commissaire chargé des relations extérieures devenant par la même l'adjoint du Haut représentant.
4.   Associer beaucoup plus les citoyens au projet européen
Les parlementaires nationaux doivent être partie prenante de l'élaboration de la politique de Bruxelles. Ils devraient ainsi avoir la possibilité d'examiner des projets de loi communautaires avant leur vote en Conseil des ministres à Bruxelles, prendre part aux travaux en commissions au Parlement européen et pouvoir y questionner en sessions plénières les députés européens. Ces derniers devraient d'ailleurs ne plus siéger qu'à Bruxelles. Les deux localisations actuelles (strasbourgeoise et bruxelloise) sont inutiles et coûteuses, et les deniers européens trop rares pour être dépensés à mauvais escient. Le site de Strasbourg pourrait utilement être réaffecté à un premier centre universitaire d'excellence.


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